Depuis mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques a un nouveau nom. On parle désormais de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, ou SMOP. Si votre médecin dit encore SOPK, c'est normal, les deux noms vont cohabiter pendant trois ans. Dans mon coaching, une femme sur quatre souffre d'un SOPK ou d'une endométriose, alors ce changement concerne beaucoup de celles que j'accompagne. Voici ce qui change vraiment, et ce qui ne change pas.
Un nom décidé par 56 organisations
Le nouveau nom a été publié le 12 mai 2026 dans The Lancet, à l'issue d'un consensus international mené par l'endocrinologue Helena Teede, de l'université Monash. D'après cet article, le SMOP touche environ une femme sur huit. Cinquante-six organisations de patientes et de professionnels de santé y ont participé, et le travail a duré quatorze ans (Endocrine Society, 2026).
En France, l'Inserm a mis à jour son dossier et emploie le nom syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). La Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie salue le changement. Au Royaume-Uni, la future recommandation du NICE, attendue pour janvier 2027, porte déjà le nouveau nom.
Pourquoi le mot « polykystique » était faux
Le nom était trompeur, et il l'a toujours été. Les petites taches noires que l'on voit à l'échographie ne sont pas des kystes. Ce sont des follicules, chacun contenant un ovule, restés bloqués avant l'ovulation. L'Inserm le dit clairement, et les auteurs du consensus ont montré dans un travail associé qu'il n'y a pas davantage de kystes anormaux sur les ovaires dans ce syndrome.
Ce mot a fait des dégâts. Beaucoup de femmes s'entendent dire qu'elles n'ont pas de SOPK parce qu'on ne voit pas de kyste. C'est une erreur fréquente, et elle retarde le diagnostic. D'autres restent persuadées que le problème se limite à leurs ovaires, alors que tout le corps est concerné. On peut avoir ce syndrome sans le moindre kyste, en étant mince, et parfois même avec des règles régulières.
Ce que dit chaque mot du nouveau nom
Syndrome, d'abord. C'est un ensemble de signes qui vont ensemble, et aucune prise de sang ne suffit à elle seule à le confirmer.
Métabolique, ensuite. Chez une grande partie des femmes concernées, les cellules répondent mal à l'insuline. Le pancréas en produit davantage pour obtenir le même effet, et cette insuline en excès pousse les ovaires à fabriquer plus d'androgènes. Elle favorise aussi le stockage de graisse autour des organes. Le syndrome augmente le risque de diabète de type 2 et de cholestérol élevé.
Ovarien, parce que l'ovulation reste perturbée, avec des cycles longs ou irréguliers.
Polyendocrinien, enfin, parce que plusieurs hormones sont touchées en même temps. L'insuline, les androgènes, la LH qui monte trop haut par rapport à la FSH, et l'AMH, l'hormone produite par les petits follicules.
Pour une fois, le nom décrit ce qui se passe réellement dans le corps. C'est exactement ce que je détaille dans mon guide SOPK, tout ce que vous devez savoir, chapitre après chapitre.
Le diagnostic ne change pas
Les critères restent les mêmes. La Société brésilienne d'endocrinologie, qui représentait le Brésil dans le consortium, l'a rappelé dès l'annonce. Le diagnostic repose toujours sur trois critères, et il suffit d'en remplir deux. Une ovulation perturbée, avec des cycles souvent de plus de 35 jours ou moins de neuf règles par an. Un excès d'androgènes, visible avec de l'acné, une pilosité sur le visage ou le corps, des cheveux qui s'affinent, ou mesuré dans le sang. Et l'aspect des ovaires à l'échographie, que l'on peut remplacer chez l'adulte par une AMH élevée dans le sang.
Si vous avez reçu un diagnostic de SOPK, vous avez donc un SMOP. Il n'y a rien à refaire. Et si l'on vous a écartée parce qu'on ne voyait pas de kyste, alors que vos cycles sont irréguliers et que l'acné ou la pilosité vous gênent, reparlez-en à votre médecin. Deux critères sur trois suffisent.
Une transition jusqu'en 2028
Le nouveau nom sera pleinement intégré à la mise à jour 2028 de la recommandation internationale. D'ici là, les deux termes coexistent. Vous lirez encore SOPK sur vos comptes rendus, sur les forums et dans beaucoup de cabinets. Mon guide garde lui aussi ce nom pour l'instant, parce que c'est encore celui que la plupart des femmes connaissent et recherchent.
Ce qui change pour vous au quotidien
Le nom change, votre corps non. Mais ce nouveau nom remet l'insuline et le métabolisme au centre, et c'est une bonne nouvelle, parce que c'est là que l'on a le plus de prise. Chaque fois qu'on fait baisser l'insuline, on fait baisser les androgènes, l'inflammation et la graisse autour des organes.
Concrètement, ça commence dans l'assiette. Au moins 30 g de protéines au petit-déjeuner et au moins 30 g au dîner, après 17 h, tous les jours. Un petit-déjeuner salé et riche en protéines change souvent la journée entière, avec des œufs et un légume, un yaourt grec et des fruits rouges, ou un reste de viande de la veille. Sauter le petit-déjeuner pour « manger moins » se retourne au contraire contre vous. La glycémie chute, la faim explose en fin de matinée, et on se rattrape sur du sucré.
Commencez vos repas par les légumes et la protéine, et gardez les glucides pour la fin. La même assiette, mangée dans cet ordre, fait beaucoup moins monter la glycémie. Le meilleur moment pour les glucides reste après une séance de sport, quand les muscles absorbent le sucre sans avoir besoin de beaucoup d'insuline.
Et méfiez-vous des promesses. On ne guérit pas ce syndrome avec une alimentation, et aucun complément ne « rééquilibre les hormones ». On peut en revanche calmer une grande partie des symptômes, et c'est un travail qui se fait repas après repas.
Ce que j'en retiens
Un nom plus juste ne soigne personne. Il aide en revanche à être prise au sérieux, et à regarder le problème là où il se trouve, dans les hormones et le métabolisme plutôt que dans de prétendus kystes. Si vous vous reconnaissez dans ces signes, parlez-en à votre médecin, avec le mot que vous voulez. Le reste se travaille, et votre corps répond plus vite qu'on ne le croit quand on lui en donne les moyens.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.