Par Marc Dessein ·

Traitement GLP-1, comment garder ses muscles en maigrissant

Les traitements GLP-1 font perdre du poids, souvent beaucoup. L'appétit baisse, les portions fondent, la balance descend. La question que je pose toujours est simple. Qu'est-ce qui part, exactement ? Du gras, on l'espère. Mais une partie du poids perdu vient aussi de la masse maigre, et c'est là que votre alimentation et votre entraînement font la différence. Le traitement, lui, reste l'affaire de votre médecin. Je ne parle ici ni de médicament précis, ni de dose, ni d'arrêt. Suivez votre médecin pour tout ce qui concerne le traitement.

Ce que montrent les études sur la masse maigre

Une méta-analyse publiée en 2025 a regroupé 22 essais randomisés, soit 2 258 participants. En moyenne, la masse maigre représentait environ 25 % du poids perdu sous traitement (Karakasis et al., 2025). Les molécules les plus puissantes faisaient perdre le plus de poids et de gras, mais elles faisaient aussi partie de celles qui préservaient le moins la masse maigre.

D'un essai à l'autre, les chiffres varient beaucoup. Une revue de 2024 relève des études où la masse maigre pèse 40 à 60 % du poids perdu, et d'autres où elle reste autour de 15 % ou moins (Neeland et al., 2024). Une revue plus récente la situe entre 25 et 40 % (Sanchis-Gomar et al., 2025).

Masse maigre ne veut pas dire muscle

Ces chiffres demandent un peu de recul. La masse maigre, c'est tout ce qui n'est pas du gras. Le muscle, mais aussi les organes, les os, les liquides, et même l'eau contenue dans le tissu gras (Neeland et al., 2024). Une partie de cette baisse est donc attendue quand on perd beaucoup de poids. Les études en IRM citées par cette revue suggèrent aussi que le muscle restant peut gagner en qualité, avec moins de graisse infiltrée.

Ça ne veut pas dire qu'on peut ignorer le sujet. Les mêmes auteurs citent l'âge avancé parmi les situations où le risque de perte musculaire compte davantage. Quand vous perdez du muscle, votre métabolisme de repos baisse encore plus, et la suite devient plus difficile. Et avec l'âge, le muscle répond moins bien aux protéines et à l'effort. Il faut en faire un peu plus pour le garder.

La musculation, le premier signal

Hors traitement GLP-1, un essai publié dans le New England Journal of Medicine chez des adultes âgés en obésité qui perdaient du poids montre l'effet de la musculation. Pour une même perte de poids d'environ 9 %, la masse maigre baissait de 2 à 3 % avec un entraînement en résistance, seul ou associé au cardio, contre 5 % avec le cardio seul (Villareal et al., 2017).

La musculation brûle peu de calories, c'est pour ça qu'on la néglige quand on veut maigrir. Mais c'est elle qui dit au corps de garder son muscle. Deux séances par semaine représentent un minimum, trois sont l'idéal. Une charge est lourde quand les deux ou trois dernières répétitions d'une série deviennent vraiment difficiles. Les femmes comme les hommes ont besoin de ce signal. Si vous débutez ou si vous avez une contre-indication, demandez à votre médecin ce qui est possible pour vous.

Les protéines, même quand on n'a plus faim

Sous GLP-1, l'appétit baisse. C'est le principe du traitement. Le risque, c'est de manger peu de tout, et donc trop peu de protéines. Ma règle ne bouge pas, traitement ou pas. Au moins 30 g de protéines le matin et au moins 30 g après 17 h, pour tout le monde. Ce n'est pas facultatif, et ça compte encore plus quand l'appétit est faible.

Sur la journée, visez environ 1,5 g de protéines par kilo. Si vous avez beaucoup de poids à perdre, calculez à partir du poids que vous visez, pas de votre poids actuel. En déficit, les besoins montent, et plus le déficit est marqué, plus les protéines deviennent un facteur limitant.

Quand l'estomac se remplit vite, l'ordre de l'assiette change tout. Commencez par la protéine et les légumes, gardez les glucides pour la fin. Choisissez des aliments denses en protéines. Un skyr apporte environ 10 g de protéines pour 100 g, pour 60 calories, deux fois plus de protéines qu'un yaourt à la grecque. Trois œufs et 200 g de cottage cheese font environ 40 g. Une portion de 130 à 150 g de poulet, de bœuf ou de poisson donne autour de 30 g. Si le petit-déjeuner reste trop léger, une dose de protéine en poudre neutre permet de le compléter, sans remplacer le repas.

Les jours où l'appétit est vraiment au plus bas, les acides aminés essentiels en complément permettent d'enrichir un petit repas sans manger davantage. Deux œufs accompagnés d'une dose déclenchent la même réponse musculaire qu'un repas à 30 g. Je l'explique dans Ménopause, le guide du corps, et c'est utile bien au-delà de la ménopause. Parlez-en à votre médecin avant d'ajouter un complément.

Surveillez autre chose que la balance

Pendant une perte de poids, je regarde trois choses en plus du poids. La performance à l'entraînement, qui doit se maintenir ou progresser. Les blessures. Et l'humeur. Si vos charges baissent semaine après semaine, c'est un signal à prendre au sérieux et à partager avec votre médecin. Le rythme de la perte, sous traitement, c'est lui qui le pilote.

Ce que j'en retiens

Un traitement GLP-1 aide à perdre du poids. Ce que vous perdez dépend en partie de vous. Laissez le traitement à votre médecin et occupez-vous de ce qui vous revient, les protéines du matin et du soir, et des charges lourdes plusieurs fois par semaine. Votre muscle, lui, se garde en s'en servant.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Pour tout ce qui concerne votre traitement, suivez votre médecin.

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