Par Marc Dessein ·

Que manger en périménopause : ce qui change sous la peau

Un sommeil plus léger. De l'irritabilité. De la fatigue. Des cycles qui se décalent. Un ventre qui s'arrondit. Un jean qui ne ferme plus. Et la phrase que j'entends le plus souvent : « Je n'ai rien changé. »

J'accompagne près de 300 femmes par an, en coaching individuel et en groupe. Environ 40 % d'entre elles traversent la périménopause ou la ménopause. Même assiette, même sport, même rythme, et pourtant le corps change. Le discours ambiant ne varie pas. La ménopause fait grossir, c'est normal de changer avec l'âge, et il n'y a rien à faire.

Rien de tout cela n'est une fatalité.

Ça commence plus tôt que vous ne le pensez

On imagine souvent la ménopause comme un événement qui tombe du jour au lendemain, vers 50 ans. En réalité, c'est une longue transition, un peu comme une puberté à l'envers. Les dernières règles arrivent vers 51 ans en moyenne. La périménopause commence en général 7 à 10 ans avant, et les premiers signes peuvent apparaître dès 35 ou 40 ans.

Beaucoup de femmes vivent ces premiers changements sans savoir à quoi les attribuer. C'est justement à ce moment que la façon de manger compte le plus.

La balance ne vous dit pas tout

Quand on suit le poids des femmes sur des années, la courbe monte lentement et régulièrement avec l'âge. La ménopause ne l'accélère pas vraiment. Ce qui change, c'est la composition du corps. Le muscle fond, et la graisse migre vers le ventre.

Avant la ménopause, la graisse autour des organes représente environ 8 % de la masse grasse totale. Après la transition, elle atteint en moyenne 23 %, sans aucun changement d'alimentation ni d'activité. C'est la graisse la plus gênante. Deux femmes peuvent peser exactement le même poids et avoir des corps très différents.

Que manger pendant la ménopause, alors ? Pas de quoi faire baisser un chiffre. De quoi protéger le muscle et s'attaquer à cette graisse profonde du ventre.

Manger moins, bouger plus : l'erreur classique

Face à un ventre qui s'arrondit, presque toutes les femmes font la même chose. Elles mangent moins et font plus de sport.

Le corps lit cette combinaison comme une menace. Il manque d'énergie pour l'effort qu'on lui demande, alors il ralentit la thyroïde et puise dans ses muscles et ses os. La fatigue s'installe, les séances deviennent plus dures, et la perte de gras devient très difficile à tenir. C'est le cycle que je vois le plus souvent chez les femmes qui commencent le coaching avec moi.

En parallèle, le corps devient moins sensible à l'insuline, et le cortisol de base est plus élevé. Les régimes trop stricts ajoutent du stress sans rien rapporter. Ils nourrissent l'état même dont vous essayez de sortir.

Votre muscle en demande plus qu'avant

Le muscle devient moins sensible aux protéines et à l'effort. Les chercheurs appellent cela la résistance anabolique. Une femme qui mange et s'entraîne exactement comme à 25 ans n'obtiendra pas le même résultat à 55 ans.

Les études le montrent nettement. Une portion de protéines qui donne aux vingtenaires la réponse musculaire maximale ne produit presque rien après 60 ans. Avec une portion plus grande, les plus de 60 ans répondent comme les jeunes. La résistance n'est pas définitive. Le muscle demande simplement un peu plus qu'avant.

Voilà pourquoi les protéines sont le nutriment le plus important à cette période, et celui que les femmes mangent le moins. Le minimum officiel a été fixé pour éviter les carences. Il ne dit rien de ce qu'il faut pour garder ses muscles et ses os en vieillissant. La quantité dont vous avez vraiment besoin, et sa répartition dans la journée, sont détaillées dans le guide.

Quand les œstrogènes baissent, l'assiette prend le relais

Les œstrogènes sont de puissants anti-inflammatoires. Avec leur baisse, le corps devient plus sujet à l'inflammation, qui accompagne la plupart des maladies de cette période, du diabète aux maladies cardiaques. L'alimentation est l'un des plus grands leviers sur l'inflammation que vous portez.

L'intestin change aussi. Une étude qui a suivi plus de mille femmes pendant la transition a montré que leur microbiote se rapprochait de celui des hommes. Les ballonnements et la digestion paresseuse qui apparaissent à cette période en viennent en partie.

L'alcool, la plupart des femmes le remarquent aussi. Au-delà d'un verre, le sommeil en pâtit presque à coup sûr, avec un réveil vers 3 heures du matin, parfois en sueur. Sur une semaine, la fatigue s'accumule.

Et la viande rouge, si mal vue chez les femmes de plus de 50 ans, est l'un des aliments les plus denses en nutriments qui soient. Près de la moitié de sa graisse est du même type que celle de l'huile d'olive. Le problème, ce sont les viandes transformées, bien plus qu'un bon steak.

Ce que le guide vous apporte

Ménopause, le guide du corps s'appuie sur ce que la recherche sur la ménopause, la nutrition et l'entraînement a établi ces dernières années, et sur ce que j'ai vu marcher, ou échouer, chez les femmes que j'accompagne. Il traite de la quantité à manger, de l'alimentation autour de l'entraînement, du rôle des protéines à cet âge, de l'assiette anti-inflammatoire, et de la façon de suivre la graisse du ventre qui compte avec un simple mètre ruban.

Il suit les principes du protocole Totem Diet et son approche anti-inflammatoire. Il s'adresse aux femmes en périménopause, à celles qui viennent d'arriver à la ménopause, et à celles qui y sont depuis longtemps.

Ce qui bouge pendant ces années se passe surtout sous la peau. Vous pouvez agir dessus.

Cet article est donné à titre d'information et ne remplace pas un avis médical.

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